mardi 5 mars 2013

Tourisme solidaire : Shekawati et Orchha (15-23 fevrier)

Edouard reparti pour Paris, nous reprenons notre route plein Est. Nous devons rallier Kolkotta (Calcutta) avant le 3 mars, date de notre avion pour Bangkok. Il nous reste donc deux semaines pour traverser l'Inde du Nord avec plein de choses a voir. Tayooo!

Par ailleurs, notre collaboration d'un mois au projet communautaire de la Mandore Guesthouse a change notre facon de voyager. Nous avons decouvert de l'interieur le tourisme solidaire et privilegions desormais les lieux de ce type. Apres Mandore, nous nous posons dans le Shekawati, région au Nord du Rajasthan connue pour ses magnifiques maisons de riches marchands (havelis). On nous y a aussi chaudement recommande une guesthouse tres engagee. 

Nous devions notre route d'un chouia pour retrouver Anne-Laure (filleule de Natacha) et Edouard de passage dans la region. Chouette coincidence et soiree tres sympa dans un haveli recemment reconverti en guesthouse.
Un des innombrables havelis de Mandawa. Au 19eme siècle, les marchands ont émigré en masse vers Bombay, Calcutta et Delhi. Ceux qui y firent fortune firent construire de sompteux palais pour les familles restées au pays. Les villes de la région en comptent plusieurs centaines ! 
 Nous nous posons ensuite quelques jours à Nawalghar dans la fameuse guesthouse : Apani Dhani. Cette guesthouse fait partie d'un projet plus large qui oeuvre en faveur de l'education, de l'environnement et du patrimoine ainsi que de l'artisanat local. Pionnier du tourisme equitable dans la region, Ramesh C. Jangid est a l'origine de toute cette demarche. Il a egalement co-fonde avec une française l'association "Les amis du Shekawati" qui soutient les projets financierement (http://apanidhani.com).

Photo prise par Ramesh qui a prefere rester derriere l'objectif.

Les havelis sont aujourd'hui parfois habités par les descendants des marchands de l'époque ou par des gardiens et leur familles. Mais le plus souvent, ils sont laissés à l'abandon.
Les marchands faisaient appel aux meilleurs artisans et peintres de la region.

On a adore se balader dans les petites rues de Nawalghar.

Apres un stop a Delhi ou nous avons visite un foyer qui recueille des enfants des rues : Salam Balaak Trust, nous arrivons a Orchha attires par le projet communautaire "Friends of Orchha" (http://www.orchha.org/) ainsi que par le patrimoine de cette ville. Le projet a ete initie par Asha Glynis D'Souza pour attirer les touristes a Ganji, petit village de paysans intouchables situe a 1 km d'Orchha. Nous logeons dans des chambres chez l'habitant, construites specialement pour accueillir les touristes. Une fois le prix de construction rembourse, le revenu genere revient entierement aux familles. Ce systeme repose sur la confiance qu'Asha a su instaurer pendant plusieurs annees avant de demarrer le projet. 

Le temple Hindou d'Orchha.
.  Nous sommes repartis dans deux familles, parents dans une (ici), enfants dans l'autre, a 50 m de distance. Nous avons pris nos repas alternativement dans chaque famille.
Depuis la maison ou dorment les enfants, on peut voir les temples et palais d'Orchha. La cour est peuplée d'animaux avec lesquels les enfants passent des heures à jouer. 
Deux "Miss couettes".
Le coeur indien d'Henri palpite sur son velo typiquement local !


La famille qui a accueilli les enfants.

La famille d'Henri et Natacha.

Nous avons enormement apprecie ces 3 jours passes a Ganj avec les familles de paysans !
La semaine qui a suivi, notre derniere en Inde, fut tres tres riche. On vous raconte Khajuraho, Varanasi (Bénarès) et Kolkotta des qu'on a fini de trier les tonnes de photos...
Grosses bises,
Les Snails

samedi 2 mars 2013

Veaux, vaches, chameaux...

Chaque annee se tient a Nagaur, dans le Rajasthan, la deuxieme plus grande foire aux bestiaux d'Inde, apres celle de Pushkar. 
L'occasion d'y passer 24h assez etonnantes avant le depart de Doudou!

Star incontestee de la foire: la fameuse vache indienne, blanche et a bosse

Pour les connaisseurs du livre pour enfants: "ou est Charlie ?"

Encore des vaches. Durant les 8 jours que dure la foire, 70 000 tetes de betail changeront de proprietaire.

Certains se chargent du fourrage pour tout ce beau monde... "Incredible India !"

Autre star de la foire: le chameau, que l'on tond artistiquement pour le presenter sous son meilleur jour...

Les proprietaires insistent tous pour etre pris avec leurs plus belles betes.

Les chevaux sont aussi presents en masse. Coline monte sur son prefere, baptise "Nuage" pour l'occasion.
On est quand meme la pour vendre et acheter.
Le lendemain de notre visite a la foire, le gardien du Fort de Nagaur nous informe avoir reconnu les enfants et Doudou: ils les a vus le matin meme dans le journal local. Verification faite, c'est vrai !
Preuve a l'appui : on distingue nettement Sarah au volant du tracteur ! 

vendredi 1 mars 2013

Jaisalmer, princesse du desert

C'est le coeur serre que nous laissons nos chouchous de Ralawas ainsi que Surendra et sa famille. Heureusement la visite de cousin Edouard alias Doudou vient à point et nous met en joie.
 
Pendant notre séjour à Mandore, après débat interne, nous avons décidé de ne pas rester jusqu'au bout en Inde. Nous n'avons pas pu résister à l'envie qui nous titille depuis quasiment notre départ : aller faire un petit (re-)tour du côté de Singapour. Marceau y est né et Coline y a une super copine de classe d'Asnières. Nous irons donc jusqu'à Calcutta d'où nous prendrons un avion pour Bangkok. Ensuite, cap au Sud toute via Angkor puis retour à Paris le 29 mars !!! Ayé, le compte à rebours a commencé...
 
Nous quittons donc Mandore pour la belle Jaisalmer, cite fortifiee aux portes du desert et de la frontiere pakistanaise. Appliquant scrupuleusement les conseils du Guide Supreme (le Lonely Planet :-)), nous logeons a l'exterieur de la ville fortifiee dont l'infrastructure n'est pas adaptee a l'afflux de touristes, ce qui nous vaut une vue imprenable sur les fortifications.

A peine posés sur la terrasse de l'hôtel, Doudou sort son joker M&M's dont nous ne faisons qu'une bouchée.

A l'interieur des remparts, le plus beau batiment: le palais du Maharajah.

Vue depuis le toit du Palais du Maharaja sur les impressionnants remparts, qui dominent la partie XVIIIeme de la ville, abritant de nombreux "Havelis", palais de riches marchands.

Sarah est invitée à l'anniversaire d'une voisine de l'hôtel.
Le cérémonial est digne de celui d'un mariage.

Sur la route du désert, les cénotaphes des maharajahs à Bara Bagh.
 
C'est parti pour 2 jours de chameau. Doudou est fin prêt!

Arrivée sur le lieu de campement, c'est magique.
 
Détente après l'effort pour Doudou, bac à sable géant pour Sarah.
 
Des escargots dans le désert.

On rentre après une nuit sous les étoiles...

samedi 9 février 2013

Republic Day à Ralawas

Si la fête nationale est le 15 août et commémore l'indépendance, l'Inde fête tous les 26 janvier le jour de la République, date d'entrée en vigueur de la consitution indienne en 1950. C'est l'occasion de grandes cérémonies dans toutes les écoles publiques, dont notre preferee: Ralawas.

Tout commence deux jours avant par un grand nettoyage de l'ecole, loin d'être inutile. Nous nous sentons toujours tres depourvus devant cette habitude qu'ont les enfants comme les adultes de tout jetter par terre !
Les parents sont arrives, la fete peut commencer. Instant solennel: nous hissons les couleurs !
Surendra remet un collier de fleurs a un notable du village...
... de meme que le chef (elu) du village au directeur de l'ecole (a droite).
Les venerables anciens ont naturellement fait le deplacement. Cet homme tient absolument a se recoiffer la moustache pour la photo.

Sarah se voit egalement remettre un collier de fleurs par sa grande copine Ravina, vetue d'un sari pour la fete.
Et c'est Abla, une des enfants les plus douees et les plus sympas de l'ecole, qui decore Coline. Agee de 11 ans, il est plus que probable qu'elle arrete l'ecole a la fin de l'annee scolaire. Le college est situe dans le village voisin a 2km, "trop loin pour une fille"...
Nous sommes invites a dire un petit mot, traduit par Sanjay, le fils de Surendra.
La partie spectacle commence par de curieux exercices militaires, effectues au son de la grosse caisse par tous les enfants, garcons comme filles.
Pour notre part, on prefere nettement les chants traditionnels...
... et les danses, ici realisees par Ravina et Matma.
Apres une distribution de samosas et de sucreries, la fete touche a sa fin et les enfants ne resistent pas au plaisir de defaire la couronne de Natacha pour lui mettre les fleurs dans les cheveux !
Maurice (mari de Colette, un couple de francais super sympas avec qui nous avons passe deux jours) a droit au meme traitement. Le resultat est plus surprenant...

Un mois avec les enfants de Ralawas

En parallele de ses activites professionnelles en tant qu'ingenieur, enseignant puis consultant, Surendra Gelhot, issu d'une famille rurale et modeste, est à l'origine de nombreux projets d'aide aux communautés rurales des environs. Après avoir initie et financé des centres de désintoxication à l'opium, dont la consommation est un véritable fléau dans la région, il concentre désormais ses efforts sur les enfants. Surendra a en effet souffert toute sa vie du "complexe du paysan Indien" devant le jeune citadin éduqué. Il tient ainsi a ce que les enfants développent leur confiance en eux, en premier lieu - mais pas seulement - par  l'apprentissage de l'anglais, moyen le plus efficace en Inde pour ecrire une autre vie. 

Vénérables anciens de Ralawas fumant la pipe
Surendra s'est aussi lance dans le tourisme en faisant visiter Jodhpur d'abord puis en developpant une guesthouse sur les terrains familiaux a Mandore. C'est ainsi que, en plus de notre experience de "teacher", nous avons la chance de rencontrer des touristes qui choisissent en connaissance de cause cette guesthouse solidaire. 

Nous voila donc pour un mois profs d'anglais dans l'ecole (primaire) de Ralawas, petit village d'éleveurs de la communauté Vishnoï, a une vingtaine de km de Mandore. Les Vishnoï vouent un respect particuler aux plantes et aux animaux. 
Les animaux sont bien proteges
On peut facilement voir des antilopes aux alentours des villages
Les routes tournent autour des arbres

Dans Ralawas, Poojah avec ses freres et sa grand-mere. 
Les femmes portent d'ordinaire ce beau bijou sur le front
Une visite dans le village nous donne l'occasion d'entrer dans les maisons.
Tous les matins, nous sommes conduits par Him ou Sanjay. Nous n'avons pas reussi a prendre notre independance dans ce domaine. 

A gauche, Him a gauche ; a droite, Sanjay. 
Fierte supreme : Surendra nous laisse parfois son
Ambassador !

L'ecole compte 70 eleves; on nous confie les enfants de 7 à 13 ans regroupés dans une classe de double niveau, équivalent du CM1/CM2. Pédagogiquement, nous avons absolument carte blanche et faisons de notre mieux...

Deux des trois instits de l'école, très sympas.

A l'école, bien que publique et laïque, la journée de travail commence par une prière
Pour commencer, on fait connaissance... Him (a gauche) reste parfois avec nous, une precieuse aide pour communiquer. Des clients de la guesthouse (Francoise a droite) passent visiter l'ecole.

Ensuite on se lance dans des productions sur plusieurs jours comme raconter sa journee en BD. Les enfants miment les etapes (photo du haut). Ici : Ravina nous montre son travail.
Apres la journee en BD, les enfants se presentent sur une carte d'identite.
Ici la belle Nitu.
Enfin, c'est la reconstition du village de Ralawas ou les eleves se sont amuses a dessiner puis situer leur maison, ecole, temple...
Henri a fait un petit film sur les enfants qui se decouvrent a l'ecran, pour la premiere fois de leur vie.

Les chouchoux de CE2, aupres de qui Natacha intervient le temps de quelques jours.

En general l'hiver, tout se passe dehors. Les classes des petits (ici la garderie) restent au soleil.
Une fois par semaine, l'infirmiere vient faire les vaccins.
L'espace ne manque pas pour jouer dans la cour. Pas comme a Asnieres! 

Marceau, alias "March" plus simple à prononcer, avec ses potes Yogendra, Vinod, Kishan et Ravindar

Moment sacré de la journée: le déjeuner gratuit, servi dans toutes les écoles publiques d'Inde et qui garantit au moins un repas à chaque enfant scolarisé. Nous avons eu une fois l'occasion d'y participer.
Le riz colle un peu...

Les garçons attendent tandis que les filles servent....
"Moi, moi" disent Nitu, Mamta, Monika, Bhomi, Aruna et Rika ! "Je veux etre sur la photo !"
Pareil pour Harish, Manore et Manish !
Nous sortons de cette experience en nous disant qu'être prof, c'est un métier (total respect pour tous nos amis enseignants : Chouchou, Lise, Jerome, Natha, Philou...) mais quel beau metier !